Burn-out, les femmes y sont-elles plus sensibles ?

La charge mentale des femmes, un épuisement confirmé

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orce est de reconnaître que le burn-out est aujourd’hui une maladie pleinement reconnue, quand il est possible de dire que l’on est à bout, que l’on n’y arrive plus, quand il est possible que la souffrance soit reconnue. De nombreuses études ont alors paru en abordant la question du burn-out sous bien des angles différents. Aujourd’hui, je voudrais l’aborder avec vous, sous un angle plus féminin, je voudrais prendre le temps de s’interroger sur le burn-out féminin.

Puisqu’il y quelques mois de cela nous évoquions dans l’article « Maman épuisée, des conseils pour vous en sortir ! » la charge mentale qui pèse au quotidien sur les femmes, on en vient à se demander si ces dernières ne sont-elles finalement pas plus sensibles au burn-out que les hommes ?

 

Les femmes, des obligations diverses et variées au quotidien

Les chiffres sont sans appel, les chiffres ne mentent pas, les femmes sont celles qui sont les plus sujettes au burn-out, pour des statistiques qui doublent d’un sexe à l’autre.

 

Bien qu’il n’y ait pas lieu d’avoir, ici, un débat concernant la répartition des tâches qui incombent à un homme ou une femme, il faut reconnaître que la gente féminine voit peser sur ses épaules de nombreuses responsabilités. En dehors de toutes obligations professionnelles, il faut souvent gérer une maison, une famille, des enfants. Une tâche s’avérant un travail de tout instant auquel viennent s’ajouter des obligations sociales et autres impératifs professionnels…

Alors je ne fais pas ici un cas une généralité, de plus en plus d’hommes contribuent aux différentes tâches domestique mais force est d’avouer que nos chères et tendres en font plus que nous…j’ai eu du mal à l’écrire cette phrase mais soyons honnête ! Je rajouterai en revanche que les temps ont changé, l’époque où la femme restait à la maison est révolue et la répartition des obligations familiales est plus partagée.

 

Dans le monde professionnel, là encore en dehors de toutes considérations politiques, les femmes doivent souvent se battre, travailler plus durement qu’un homme, affronter au quotidien des considérations sexistes et machos, taper du poing sur la table si nécessaire, trouver leurs places…

Ajoutons à cela, la volonté, le besoin d’être passionné pour une femme, par son travail, par son couple, par ses enfants etc… Si cela permet d’entrevoir de belles carrières et du plaisir au travail, un tel engouement peut rapidement devenir envahissant !

Ainsi, il n’est pas rare d’entendre une femme quittant le bureau prononcer cette phrase que l’on connaît toutes et tous désormais ‘première journée de boulot finie, j’attaque la deuxième’ (cette phrase m’a été soufflée par une amie :-)). Parce qu’elle est juste, elle est vraie et cache une réalité éprouvante pour les femmes qui continuellement prennent en charge l’organisation, la gestion de la vie de famille.

 

On en vient alors à comprendre pourquoi les femmes sont tout aussi sujettes au burn-out que les hommes, on en vient à comprendre la sensation de fatigue, de dépassement, celle qui donne l’impression d’être submergé de tâches à accomplir quand on voudrait pourtant pouvoir se reposer, plus encore, se détendre. On comprend alors les statistiques et autres données qui énoncent une réalité bien peu appréciable pour la population féminine : le burn-out touche plus les femmes que les hommes.

 

Le burn-out féminin, des profils différents

Concernant ce chapitre, je remercie Caro qui a contribué à son écriture !

Parmi les témoignages de ces femmes qui ont subi les effets dévastateurs d’un burn-out, on retrouve principalement deux profils distincts : les femmes actives et les femmes monoparentales.

Pour les femmes actives, il s’agit d’assumer au quotidien une double journée de travail, quand on connaît l’implication dont les femmes peuvent faire preuve dans leur quotidien professionnel. Une fois rentrées à la maison, les soucis du travail continuent d’occuper leurs pensées, elles songent à des obligations à venir, tout en gérant près de 80% des tâches ménagères et autres occupations familiales.

Parce que les femmes accumulent énormément de tensions, et qu’elles s’oublient bien trop souvent, ces mères, épouses et travailleuses accomplies se retrouvent parfois au pied du mur, ressentant les symptômes de stress intenses, sombrant dans le burn-out.

Il faudrait pourtant prendre en compte les symptômes annonciateurs du mal-être pour envisager des changements avant que le pire n’arrive.

 

Les femmes monoparentales sont également très concernées par la question du burn-out. Seules aux commandes d’une famille d’un ou de plusieurs enfants, elles assument tout à la maison, sans mettre de côté, pour autant, leurs obligations professionnelles, les tâches administratives, etc… Se sentant parfois dépassées par la situation, les femmes monoparentales parlent d’un stress permanent et latent, de cette sensation de courir, perpétuellement après un temps précieux qui leur manque…

 

Les femmes et le burn-out, une remise en question totale.

Les femmes et les hommes ont des manières de réagir différentes dans bien des domaines, et le domaine professionnel particulièrement stressant n’échappe pas à la règle. Si les hommes assument les responsabilités jusqu’à être mis face aux limites de leurs possibilités, les femmes se sentent envahies, perçoivent les limites de la situation et finissent généralement par tout remettre en question.

 

Si à la suite d’un burn-out, un homme aura tendance à retourner travailler dans la même entreprise, en prenant davantage soin de lui, aménagera quelques perspectives au quotidien, la femme elle, repensera totalement son quotidien. Pour se remettre d’un burn-out, les femmes mettent en avant de nouvelles habitudes, disent ressentir le besoin de se retrouver, et cela passe par une profonde introspection. Quand l’heure de reprendre le chemin du travail se profile, ces dernières qui viennent de traverser le pire décident souvent de changer totalement de perspectives : c’est l’occasion de vouloir concrétiser un projet, changer de domaine professionnel, suivre une formation. Plus encore, il s’agira aussi d’adapter une profonde réflexion vis-à-vis du travail, apprendre à s’en détacher, savoir dompter la passion qui anime les femmes dans leurs vies professionnelles.

 

Si vous êtes donc, malheureusement, plus sensibles aux burn-out que ces messieurs, je ne peux que vous conseiller d’accorder de l’importance à ses signes annonciateurs du burn-out. N’attendez pas que les choses soient bien plus importantes pour réagir… Si vous vous sentez stressée, angoissée, que vous avez la sensation d’être épuisée, que vous avez du mal à dormir, n’hésitez pas à prendre le temps de la réflexion, à en parler, autour de vous, à votre médecin.

N’hésitez pas à partager et à liker 😉

Prenez soi de vous,

niko

2 Comments
  • Isabelle
    octobre 4, 2017

    Bonjour Niko, merci pour cet éclairage et cette réflexion. Personnellement je ne pense pas que ce soit une question de sensibilité à proprement parler. En tout cas pas au sens de fragilité. C’est sûrement ce que tu as essayé de dire dans ton billet. Les femmes sont plus sujettes que les hommes à faire un burn-out, c’est un fait. Je pense que la charge mentale qui pèse sur les femmes les entame suffisamment pour que le stress du travail aient sur elles un effet apparemment plus rapide que sur les hommes. Elles partent avec un handicap. Lorsque le niveau de stress est déjà élevé, l’individu se retrouvera plus rapidement dans le rouge que s’il part d’un niveau de stress proche de zéro. Si les hommes endossaient la charge mentale des femmes, gageons qu’ils inverseraient rapidement les statistiques. Ceci dit, n’importe quel stress externe au boulot va impacter la résistance d’un individu que ce soit un homme ou une femme, c’est une histoire de limites personnelles, de goutte qui fait déborder le vase. C’est pour cela qu’il est impossible de comparer les cas de burn-out. Chacun est spécifique à la personne, à ce qu’elle est, à sa résistance personnelle au stress qui est liée à tout ce qui interfère dans sa vie avec ses capacités d’adaptation.
    Amicalement,
    Isabelle.

  • Niko
    octobre 8, 2017

    salut isabelle et merci pour ton éclairage sur la question !
    je te rejoins tout à fait quand tu dis que nous sommes tous différents face à notre gestion du stress, certains y sont plus sujets que d’autres c’est un fait !
    La ligne directrice que j’ai voulu donner à cet article c’est que les femmes en font généralement plus que les hommes et sont donc plus sujettes au burn-out (professionnel ou parental).
    Le burn-out est le mal du siècle, nous subissons trop de sollicitations et cela ne pourra pas durer ainsi. Il va falloir repenser la façon de travailler mais aussi la façon de prendre soin de soi, la façon de gérer son quotidien etc etc….
    bref, y a du taff 😉
    a bientôt
    Amicalement
    niko

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