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Bref, petit à petit je me suis perdue.

par Niko
son témoignage du burn-out

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ujourd’hui c’est avec Marie que nous faisons connaissance. Elle nous explique à travers son témoignage du burn-out comment elle à sombré petit à petit, son malaise, ses nausées….comme elle le dit « j’attends que ça passe ». Donc si vous avez des conseils à lui donner, allez y, n’hésitez surtout pas…MERCI !!!!

 

Table des matières

.. J’attends que ça passe

Bonjour,

Je m’appelle Marie, j’ai 26 ans.

J’ai intégré il y a plus d’un an et demi une entreprise dans le service à la personne. En un an et demi, j’ai changé 3 fois de postes, entrainant mutations et donc déménagements, et donc à chaque fois une perte de repères.

Quittant la vie de province pour la ville et un salaire qui ne suivait pas, nous ne pouvions habiter qu’à 40mn d’où j’exerçais, donc 1H30 matin et soir avec les bouchons.

Entreprise en restructuration, les changements de directives et d’objectifs, sont nombreux et rapides.

A peu près tous les 4/5 mois on me proposait un nouveau poste, sans avoir l’impression d’avoir le choix, j’ai accepté, pensant que cela était une chance de pouvoir évoluer si vite à mon âge ; A chaque fois finalement les missions s’accumulaient car il fallait toujours que je continue à faire l’ancien job le temps de la transition ;

Au mois d’avril, on me confie un nouveau projet… Je me suis retrouvée totalement seule, aucune aide de ma direction, interdiction aux équipes de m’accompagner car dossier sensible.. le tout en étant toujours commerciale et en devant continuer à répondre aux sollicitations, devis, dossiers de financements…  mes journées sont devenus à rallonge : 6H – 21h la journée j’étais en déplacement pour tout boucler et le matin tôt et le soir tard, je repassais au bureau traiter mes dossiers quotidien… petit à petit je travaillais le dimanche..

Je me rappelle d’un soir où je me suis permis d’appeler la direction informant que je n’y arrivais plus que j’avais besoin d’aide que je coulais..  la simple réponse :  « j’ai pas le temps je suis partie boire un verre, tu vas y arriver j’en suis sûr.. »

A l’issue du dossier, le client fut satisfait de ma prestation et fit un mail remarquable à mon entreprise pour me féliciter… retour que je n’aurai jamais de ma direction. Tout comme la prime que je devais avoir pour avoir accomplit une mission supplémentaire avec succès, que je n’ai jamais eu.

Enfin, récemment un matin  je fus convoqué pour me dire qu’ils avaient trouvé un remplaçant pour moi sur le site, que je devais quitter mes fonctions et que je devenais volante pour aller sur tous les sites de notre entreprise sur toute une région Je n’ai pas eu la sensation d’avoir le choix, puisque le nouveau commercial arrivait le lundi et que mon planning était déjà mis à jour… tout était organisé. Le temps de vider mon bureau à l’américaine dans un carton, un commercial se chargerait de prévenir mes clients que je partais sur de nouvelles fonctions et hop.. J’étais partie ! Maintenant plus de bureau, plus d’équipe attitrée.. de la route !

A partir de là je me suis retrouvée à nouveau seule, personne pour m’accompagner dans la mise en place de ce nouveau poste, personne pour m’indiquer les démarches à suivre… un travail titanesque avec un objectif ambitieux.

A partir de là tout a basculé, départ 5h de la maison tous les jours, retour 21h ou 22H… plus de 2000km toutes les semaines (tous les jours sur un département et quand urgence il y avait je devais dans la journée changer de site), mais j’étais dans les objectifs !

Puis un jour au détour d’une discussion avec les 2 nouvelles recrues de l’entreprise, nous parlons salaires et là c’est le choc… pour tout le travail accomplit, je gagnais jusqu’à 400 euros net de moins par mois.

Incompréhension totale car à ce jour je n’avais plus de vie perso (au bord de la rupture avec on ami), plus de vie sociale (plus le temps de sortir, donc de moins en moins d’amis), chaque jour sur la route, et un objectif plus qu’ambitieux… Sans le savoir je commençai à sombrer.

Les réveils devenaient pénibles, j’avais la sensation d’enfiler un masque tous les jours…

De plus en plus la sensation d’être abandonnée et pas écoutée. Je me rappelle d’un vendredi après midi où j’ai reçu un appel à 16H me demandant d’aller en urgence à une réunion à 200km car « je suis fatiguée de ma semaine je pars en weekend directement.. » encore une fois je n’ai pas osé refuser, j’y suis allée et pour la première fois je passais le trajet du retour en larmes, épuisée.

J’avais la sensation de chaque jour en faire plus, chaque jour je dépassais mes limites.

Heureusement les vacances arrivaient… mais s’était sans compter sur le fait qu’on me demande de revenir le premier jour de mes vacances pour organiser une réunion. Egalement revenir pendant les vacances pour aller soutenir un dossier d’appel d’offres, car la personne habituellement en charge ne souhait pas s’en occuper.

Bref, petit à petit je me suis perdue.

Plus de valeurs, de plus en plus de colère (alors que j’étais douce et calme), l’impression de ne plus mémoriser les informations, les weekends n’étaient plus réparateurs,  je n’avais plus goût à rien… juste le travail… je ne parlais que de ça, je m’ennuyais le soir et le weekend.. J’avais des propos blessants et qui aujourd’hui me choquent profondément car à l’encontre de ce que j’ai toujours voulu être.

A noter que depuis 1 an j’ai pris pas mal de poids, je pense que la nourriture est un refuge, une compensation.

Un soir en rentrant d’une journée terrain… Au bout de quelques minutes j’ai éclaté en sanglots pendant 1 bonne heure.

Puis les larmes cessante, j’ai perdu connaissance. Je fus prise en charge par le SAMU, et mis en arrêt .On me parlait de surmenage, de fatigue intense, je devais alors me reposer. Pendant cet arrêt je me suis reposée, je me sentais mieux, en accord avec moi même ou presque.. j’ai compris que je ne pouvais plus tenir ce rythme qu’il fallait que cela cesse, qu’ils s’organisent pour m’aider… mais je ressentais une profonde tristesse que je n’arrivais pas à expliquer donc je l’ai enfoui au fond de moi et c’est passé.. Enfin je pensais…

J’ai vu un sophrologue toutes les semaines, pour respirer et parler de moi.

Au bout d’un mois, j’ai souhaitais tenter de reprendre le travail… au fur et à mesure que je faisais la route je sentais une boule d’angoisse monter en moi. En arrivant au bureau, une crise de sanglot éclaté, et j’ai de nouveau perdu connaissance

Prise en charge par le SAMU, je fus rapatrié à la maison pour BURN-OUT.

Des anti dépresseurs à prendre et en arrêt pour un long moment.

Je suis en larmes souvent, je me sens paumée, fragile, vide… je ne comprends pas vraiment ce que je ressens. Je suis mal dans ma peau, mon corps, ma vie. Je n’ai envie de rien, je ne souhaite plus parler… j’ai la sensation de m’être menti pendant ce premier mois d’arrêt de ne pas avoir mesuré ma détresse.

Le pire c’est que je me retrouve seule, en effet je n’arrive pas à exprimer à mon ami ce que je ressens. Je sens l’angoisse en moi, je suis muette. Je me sens brûlée de l’intérieur, ravagée et vide.

Je n’arrive pas à me concentrer, je suis ailleurs. dans ma bulle. Je me sens mal, terriblement mal. J’aimerai appeler au secours, mais ça ne vient pas. Je n’ai plus la force de rien du tout.. Je rejette tous les appels de mes amis, collègues.

.. J’attends que ça passe.

J’ai la nausée constante. Je ne rumine pas je crois que même ma tête n’arrive plus à réfléchir, je me sens juste angoissée, meurtrie et sans aucun repères.

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2 commentaires
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2 commentaires

Hetzlen 2 novembre 2017 - 15 h 34 min

Bonjour Marie,
Je me suis tellement reconnue dans votre texte. J’en ai eu les larmes aux yeux. Le plus gros est derrière moi. J’ai été arrêtée 9 mois et 1 semaine … j’ai repris le chemin du travail à mi temps thérapeutique il y a 1 mois. Ce n’est pas simple tous les jours mais j’ai repris. Tous les jours est un combat contre moi même. Je ne sais même pas aujourd’hui si un jour je serai à nouveau moi. Je n’ai toujours pas repris d’activité sportive alors que ça faisait partie de mon quotidien. Mais une chose est certaine c’est qu’il nous faudra du temps pour reconstruire ce que nous avons consumé. À Chaque jour un progrès, chaque jour un pas vers le mieux et le bien être. Je fais de la sophrologie et de l’acupuncture en plus d’un suivi médical et d’un traitement médicamenteux. Ca aide à avancer et à apprécier le moment présent. Je vous souhaite beaucoup de courage et de patience. Prenez soin de vous.

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Caroline 2 novembre 2017 - 16 h 47 min

Bonjour Marie,
J’ai eu du mal à arrêter mon travail car je suis indépendante mais avec le recul c’est la seule solution pour pouvoir se reconstruire,penser à soi ENFIN. Vous allez aller mieux mais ça va mettre du temps et aucun jour ne sera pareil ce qui peut être très frustrant mais il faut l accepter.
Peut être un conseil ne pas s’enfermer dans votre bulle en discuter même si au début on a parfois honte. Il faut pouvoir l’expliquer à son partenaire car il est lui aussi embarquer dans ce long processus et si vous ne lui expliquer pas il ne pourra pas comprendre ce que vous vivez et ce dont vous avez besoin. Ce n’est pas facile mais en parler peut aider (aussi prise en charge psychologique)
Courage et même si j’ai eu du mal à le croire au début vous irez mieux.

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