Le Silence intérieur après un burn-out

Le burn-out a sonné à ma porte un matin

 

Aujourd’hui c’est Amal qui a décidé de nous confier son histoire, un grand merci à elle !!!

Tout a commencé il y a deux ans de cela. J’étais assistante ressources humaines dans un grand Ministère sur Paris. Un poste qui me plaisait même si le cadre autour n’était pas forcément agréable.

Ce fut la première fois que je fus confronté à ma couleur de peau et au regard des autres. Un rejet pour certains dans le milieu où j’étais même si j’ai la nationalité française.

Eh oui, on ne penserait pas que certains soient aussi anciens et stupides dans leurs attitudes jusqu’à vous appeler pour appeler ‘esclave’ pour présenter ou vous dire que vous n’êtes pas une vraie française car vous êtes de couleur.

J’étais tellement choqué sur le coup de ce genre de propos auxquels je ne répondais pas.

Puis, le harcèlement moral s’est amplifié de mois en mois ne laissant plus la place à la plaisanterie.

La violence, la méchanceté gratuite et des mots qui dépassaient leurs pensées. Un humour plus que noir et moi qui mourrait à petit feu.

Mon enthousiasme était entrain de s’éteindre.

Devais-je accepter ses attitudes malveillantes pour un super salaire à ce poste là, où devais-je le quitter ?
Je n’ai vraiment pas eu le temps d’y penser. De nuit en nuit de cauchemar, le burn-out a sonné à ma porte un matin.

Mon cerveau, mon corps ne répondait plus. Je ne voulais plus aller travailler, je ne voulais plus côtoyer ses goujats, ses barbares, ses ignominies de personnages qui me renvoyaient à ma couleur de peau, à mes origines qui n’avaient pas leur place chez eux comme qu’ils disaient.

Mon mari et mes deux enfants ne me reconnaissaient plus. J’avais perdu 20 kilos en deux mois, ne mangeait plus ou peu.

L’anorexie sonnait à ma porte également.

Mon mari, devant mes larmes et ma maigreur, dans la panique m’a proposé d’aller consulter un médecin d’urgence.

Dieu merci, le médecin m’a déclaré sujette au burn-out. Un mal du siècle m’a t’il dit. J’avais le brouhaha dans ma tête, des cris, des larmes. Je souhaitais et j’aspirais au silence. Un silence qui devait s’imposer pour me réparer et apprendre à me reposer sur ce mal être. Puis, surtout dormir.

Je fus interné un mois et demi dans une clinique de repos. Un havre de paix avec un grand jardin pour me promener, écouter les oiseaux.

La nature. Pas de reproches, pas de haine, pas de harcèlement. Je n’étais plus victime mais actrice de ma vie silencieuse.

Je voyais mes enfants qui me rendaient visite le week end avec mon mari. Leurs sourires me pensaient l’âme. Ils me faisaient du bien.

Puis, j’ai appris le silence de la méditation et du yoga. Deux médecines douces de la clinique qui m’ont fait du bien.

La méditation, deux fois par semaine, pour me recentrer et me connecter à mon âme, gérer mes colères intérieures, mes non-dits, ce que j’avais subi. Le yoga était un moyen pour moi de me connecter à mon corps et également le sculpter avec douceur et dynamisme.

J’ai appris à apprécier le Silence avec parcimonie, avec plaisir. Un plaisir qui fait écho en moi deux ans après ce drame et qui est devenu mon compagnon de Vie saine. Un silence qui m’est nécessaire pour apprendre à vivre avec les autres, ma famille, quelques amis qui sont restés et qui m’ont soutenu.
Un silence à la valeur d’or que je ne subis pas mais que j’ai appris à apprivoiser, à dompter pour mon bien être personnel.

Maintenant, je suis dans la transmission de ce magnifique silence avec mes enfants. Je leurs apprends à conjuguer avec ce silence. A digérer les choses, les actes qu’ils font. Je leurs apprends à ouvrir des parenthèses de silence, pour équilibrer avec leurs journées pleines de brouhaha à l’école.
Et sincèrement, ils adorent.

Ils apprécient leurs petits moments méditatifs qui leur apprend à mieux connaître leurs envies, à écouter leur fatigue éventuelle ou bien quelles activités ils vont entamer la journée pour s’occuper.

Le plus extraordinaire dans ce chaos que j’ai vécu est que j’ai trouvé le calme, me suis recentrée sur l’essentiel de la vie et ce que je ne voulais plus vivre.

Je ne suis plus un masque de société que je porte au quotidien aujourd’hui. Je suis MOI. Je m’assume. Et le silence est devenu ma meilleure arme pour moi. Mais la parole aussi !

Merci la Vie

Amal BAKKAR

N’hésitez pas à laisser un message, un commentaire à Amel, à liker et à partager son témoignage, MERCI 🙂

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