Mon  témoignage, aujourd’hui, me livrer, et me délivrer.

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Aujourd’hui nous rencontrons Lydie qui nous raconte l’histoire de son burn-out. Un grand merci à elle pour ce témoignage.

Puis, un matin, le corps dit STOP

E

 

n arrêt depuis le 10 novembre 2017, pour burn-out, oui, ce mal méconnu de beaucoup de personnes. On se croit invisible, intouchable. Puis un jour cette saloperie nous happe.
Je vais essayer de vous raconter un peu mon histoire, non pas pour avoir de la pitié de qui que ce soit, simplement, faire passer un message, et faire comprendre certaines choses, et surtout me libérer, ne plus avoir honte.

 

 Comment tout a débuté

J’avais un poste de responsable d’exploitation, sans savoir, que ce poste, en fait, consisté à être exploité, moi même.
Je ne pensais pas en acceptant ce poste, que je me trouvais face à des bourreaux. Et oui c’est un peu fort comme mot, mais il est réel.
Ces personnes s’immiscent dans vos neurones, jour après jour, sans s’en rendre compte, ils vous mènent tels des robots.

Perfectionnistes que nous sommes, nous ne voyons rien, et donnons encore plus, chaque heure, chaque jour. Nous ne vivons que pour notre travail.

La fatigue s’installe, le stress, les angoisses, les sauts d’humeur, on ne se maquille plus, on s’habille pareil chaque jour, le mauvais sommeil, les douleurs, le manque d’envie d’aller au travail le matin, les idées noires, la peur d’aller au travail.

La première chose que je faisais en arrivant au travail, c’est de regarder si la voiture d’un de mes bourreaux était là.

Celui-ci se faisant un malin plaisir, à me tomber dessus dès mon arrivée, et de me charger le plus possible.
Alors on travaille, avec la peur, la boule au ventre, et on finit par croire ce qu’on nous reproche au quotidien. Telle la méthode Coué.

Mais on se dit ça va passer, je ne peux laisser mon boulot. Et on finit par faire des fautes, à perdre pied, ce que l’on cherchait à vous faire faire en fait.

Alors que depuis un moment, j’avais des signes, grosse migraine sur 3 jours, m’obligeant à rester au lit dans le noir, jamais arrivé si longtemps, déchirure musculaire, des crises sur le lieu de travail, m’obligeant à partir du bureau.
Névralgie d’Arnold, insoutenable et insoulageable. Des pleurs et des pleurs.

 

Puis, un matin, le corps dit STOP. 

Pour ma part, un matin le trou noir devant mon ordi, incapable de me rappeler de tous mes codes. J’ai fait ma journée tant bien que mal, et le lendemain fut le début de mon arrêt et d’une période très dure à vivre, à accepter, à gérer, se reconstruire.

De là commence, la lutte, accepter de vivre avec ce corps qui lâche, qui devient de plus en plus douloureux, ne plus travailler.

De vivre chaque jour, avec la peur, de devoir revoir ce monstre. La moindre idée de devoir me confronter à ces personnes me mets dans un état déplorable. Je vivais avec la terreur au fond de moi.

Vivre auprès de ma fille, après lui avoir mis en pleine face, mes idées noires, lui demandant de ne pas culpabiliser, si je venais à disparaître. Quelle tristesse, quel mal, j’ai dû lui faire, sans m’en rendre compte, car dans un autre monde. Et elle se sentait impuissante.

Pardonne moi.

Mon corps commence à transpirer la honte, la culpabilité de cette situation, COUPABLE.

Comment peut on faire ressentir cela à des personnes. Et c’est tout là le comble du burn-out. Je ne me sens pas victime, le chemin est long avant de pouvoir accepter ce statut, pour ma part, je n’y arrive toujours pas.

J’ai commencé les séances de psy, une femme extraordinaire, les thérapies de groupe, avec la peur au premier rendez vous de devoir dire « Bonjour je m’appelle Lydie, Bonjour Lydie…. Et non rien à voir avec les films », l’impression d’être tombée bien bas.

Et sur Facebook, un groupe fermé, où nous ne sommes que des personnes dans cette situation. Au début, on n’ose pas trop se livrer de peur que quelqu’un de l’extérieur, puisse le voir, car oui, en plus on devient limite parano.

Jusqu’à ce que l’on comprenne que c’est un groupe fermé, nous sommes donc en sécurité, ce que l’on recherche se sentir en sécurité.

Les personnes de l’extérieur ont tendance à vous laisser de côté. L’impression de devenir un boulet. Les personnes qui sont d’ordinaire des proches, des ami(e)s, deviennent plus que lointains. Voir inexistants, ou disparaissent complètement. Je deviens inintéressante.  Encore une épreuve de plus du coup.

Et je prends l’habitude de ne plus parler aux gens, je m’isole, parle à mon chien, comme je lui dis je vais m’habituer à parler aux animaux et non aux humains !!!

 

Chaque matin se lever, pour quoi et pourquoi ?

Avec l’arrêt, plus de salaire, donc la vie devient difficile, se faire soigner par les médecines douces, devient impossible. En arrêt de travail, car trop investie dedans, punie pour cela, et ces bourreaux continuent leur vie, c’est eux qui devraient payer nos soins.

Les tendinites, qui vous empêche de bouger, anéantie.Je n’arrive pas à lire, car un gros manque de concentration s’installe, l’élocution déplorable, qui me fait pleurer à chaque fois, car même au téléphone avec la mutuelle par exemple je bafouille, ne trouvant pas mes mots.

Je n’imagine même pas devoir faire un entretien d’embauche. C’est vrai que par moment on à l’impression et la peur, de devenir Alzheimer.

L’écriture, pareil, n’arrivant pas à me relire. Des trous de mémoire comme jamais.

Puis vient le moment où l’on me déclare INAPTE, donc licenciement, une nouvelle chute, puis une libération.

Ne plus devoir rendre des comptes, à ces personnes, faire des mails pour mes arrêts, lire leurs mails plus que déplaisants.

 

Se reconstruire

Refaire sa vie professionnelle. En acceptant de changer sa façon de faire et d’agir. Et peut être carrément d’orientation.

Quelque part, je considère que mon corps est mon ange gardien, et me fait ressentir des douleurs chaque jour, afin de me faire sentir que j’existe, que je suis en VIE, me faisant prendre soin de moi, pour me garder debout.
M’a fait ouvrir les yeux sur certaines personnes.

Je ne serais plus la même personne, cette maladie m’a broyé, je voudrais retrouver mon sourire, ma joie de vivre.
Une fois passé toutes ces émotions de colère, de rage, de haine, d’impuissance, de peine.

Je pense qu’un burn out, n’arrive pas pour rien dans une vie, il y à quelque chose de positif à en tirer, je ne l’ai pas encore trouvé mais je vais y arriver.

Ma peine est immense, ma douleur d’autant plus.
Peut être juste envie d’être bercée d’amour pour le moment.
Ce petit monologue m’aura aider à poser les choses, à les évacuer.
Merci à vous d’avoir pris le temps de me lire.

Mais je suis VIVANTE .

Si vous rencontrez des personnes dans cette situation, ne les laissez pas tomber, je vous en supplie, même ne serait ce, juste un petit texto de temps en temps.

Juste une présence, une parole.

Et si c’est vous, écoutez bien votre corps, ne vous acharnez pas au boulot, ou dans votre vie, car cela ne touche pas que le travail.

Repérez les petits signes.

J’ai la chance, d’être là, d’autres n’y arrivent pas et lâchent prise trop tôt.

Lydie

N’hésite pas à laisser un message à Lydie, lui apporter des solutions que tu as toi peut être mis en place et qui t’ont aidées ! Partage au plus grand nombre

Prends soin de toi,

niko

2 Comments
  • Samira
    avril 20, 2018

    Bonjour Lydie,
    Bravo pour ton témoignage cela n’a du être facile de le faire.
    J’ai moi même aussi fait un mega burn out suivie d’un effondrement psychologique appelé dépression sévère ça a durer 2 ans pour moi pour enfin comprendre que cette entreprise ne me méritait pas.
    Ensuite s’est suivi une procédure hors du commun pour ma part, car elle a durer 1an alors que j’avais été déclaré inapte par la médecine du travail. Je pensais retrouvé ma liberté après cette déclaration mais non j’avais un autre combat celui de l’acharnement administratif que cet entreprise avait décidé de me faire. En effet, j’avais pas mal d’années d’anciennetés et j’étais à l’époque avant mon arrêt DP. J’ai subi la honte car je me suis retrouvé sans salaire durant des mois là peur de me voir expulsé ne parvenant plus à payer mes factures. Mais c’était sans compter qu’il était hors de question pour moi qu’il me détruise aussi je me suis pour la 1ere fois décider à porter plainte aux prud’hommes et ça m’a fait du bien de voir que j’avais raison et que l’on le reconnaissait enfin. Un an de procédure avec l’angoisse que cette société a qui j’y ai consacré ma vie me fasse un coup de crasse tous les jours. Un an à attendre mon licenciement. Quand celui-ci est arrivé wahou j’ai vu le livre ce fermé et des porte s’ouvrir ! Maintenant je fait tout pour me venger oui me venger à réussir ma vie !
    Bien sur qu’avec cette société ce n’est pas terminé car ils ont mal fait les choses de manière délibérer et que ça a eu des conséquences sur ma santé mais mon moral et ma confiance s’en ai ressenti plus forte qu’avant. Et tout comme vous des que je rencontre une personne ayant ce mal être je ne peux m’empêcher de la conseiller de la soutenir limite j’arrive même à reconnaître les symptômes avant qu’elle même ne s’en rende compte.
    Oui il faut témoigner il faut en parler pour ne plus jamais à avoir à subir cette souffrance car moi j’ai faillit en mourir mais heureusement j’ai eu ma famille mes amis mon médecin qui ont été la pour me sauver.
    Maintenant je suis à l’étape de trouver la boîte qui me mérite et la c’est un autre parcours un autre combat et je suis prête.
    Bon courage à vous il y a bien une vie après le travail

    • Lydie
      mai 6, 2018

      Merci bcp. Oui c est un long chemin au quotidien.
      Quel gâchis.
      Bonne continuation et prends bien soin de toi.
      Lydie

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