L’histoire d’un épuisement professionnel

– L’histoire d’un épuisement professionnel –

Aujourd’hui c’est Anni qui à souhaiter nous parler de son épuisement professionnel et surtout comment elle a pu en sortir. Merci à elle.

 

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Anni j’ai 33 ans, je suis responsable de magasin.

J’ai depuis toujours nourri une passion dévorante pour mon métier, une implication réelle et un enthousiasme qui me procurait une joie sans limite. L’état d’esprit que je possédais me donnait la sensation d’être immuniser de toute fatigue, je ne ressentais aucune apathie. Chaque journée sur mon lieu de travail était un privilège, chaque mission me paraissait être une aventure et même la fatigue du soir était le signe d’un travail accompli avec amour.

 

Comment tout a commencé pour toi ?

Pendant des années j’accueillais à bras ouverts toutes les bonnes et moins bonnes journées. Je ne partais que lorsque toutes les tâches étaient effectuées.

C’est en 2014 que tout a commencé à basculer car mon équipe et moi avions changé de chef de secteur. Peu à peu les choses ont commencé à changer et j’étais loin de me douter que la toxicité de cette personne allait me consumer. Pendant 2 ans, j’ai supporté la médiocrité de propos dévalorisants, rien n’était bien fait ou tout était à refaire. Je valsais entre l’incertitude et la peur de commettre une faute professionnelle. Je m’acharnais à vouloir comprendre ce qui n’allait plus chez moi car j’étais prise au piège de manipulations déguisées avec pour but précis de créer une atmosphère stérile.

Chaque jour était rythmé par des phrases dévastatrices à tel point que toute la sainte motivation que j’avais auparavant se transformait en maudite angoisse.

Le premier symptôme que je ressentais était de la peur, par la suite les palpitations s’installaient ouvrant peu à peu la porte à de terribles crises d’angoisses à répétition. Toutes mes journées me semblaient être le résultat de coups de massue et toutes mes nuits je voyais défiler comme une punition des insomnies ainsi que des scénarios m’invitant à me soumettre à l’idée que j’allais subir toute ma vie ces états d’âme dévastateurs. J’avais totalement perdue confiance en moi et même mon existence n’avait plus raison d’être. Je préférais mourir que de subir le lendemain.

Un matin, en septembre 2016, j’étais incapable de véhiculer mon corps qui malgré toute ma lutte refusait pour la première fois de se soumettre. Je me forçais pour me rendre à mon travail mais mon corps ne répondait plus et c’est alors qu’une avalanche de sensations inédites s’abattait sur moi.

À ce moment là j’avais l’impression de devenir folle, aucune issue possible, quelque chose en moi remuait mon esprit d’une violence extrême et toutes mes pensées devenaient comme une sorte de vapeur que je ne pouvais inhaler. J’avais l’impression de vomir mon existence. Je priais pour disparaître, j’étais bel et bien comme dans un coma mental.

Fort heureusement je n’étais pas seule chez moi, je me suis retrouvée en clinique, j’y suis restée presque 2 mois. C’est pendant ce long séjour en clinique que j’ai pris conscience de ce qui m’arrivait.

 

Ou en es-tu aujourd’hui ?

Mon burn-out a été à la fois dévastateur et libérateur. À ce jour je suis suivie par un excellent psy, ce professionnel m’a aidé à me retrouver et je peux vous dire que non seulement je me suis retrouvée mais aussi je me suis découverte tel que jamais j’aurai imaginé.

 

Si tu avais un conseil à donner à une personne dans le même cas que toi ?

Je conseille à toutes les personnes qui vivent le burn-out d’arrêter de lutter contre leurs sensations négatives car elles sont le médicament qui leur permettra de s’en sortir. Lutter retarde la guérison, et il est important en cas de crise d’angoisse, de panique ou autre de se poser un instant et d’observer ce qui se passe dans le corps, même si cela semble dérangeant le bénéfice est garantie.

Comment faire? C’est beaucoup plus simple que l’on pense : lorsque ces sensations arrivent, c’est un message d’alerte que notre corps nous envoie, il est important de se poser un instant et de les accueillir sans lutter, les laisser couler tout en étant spectateur, ne pas tenter de les repousser. Tout s’apaise par la suite.

Il est important également de parler de s’autoriser à aller consulter, vous n’êtes pas seul(e). Accepter aussi de lâcher prise, éviter de ruminer les évènements du passé et avant tout se dire que tout ce qui a un début, a aussi une fin et cette fin est souvent couronnée de succès.

 

Merci chaleureusement Anni pour ce partage d’expérience et bonne continuation à toi

Niko

N’hésitez pas à partager et à lui laisser un commentaire !

7 Comments
  • Une admiratrice
    avril 18, 2017

    Bonjour anni
    Je viens de lire ton articles qui est tres touchant
    La societe demande toujours plus et plus sans savoir si nous en sommes capable seule..
    En esperant que tout cela soit deriere toi et que un belle avenir t attende pour ces prochaines annees

    • Anni
      avril 18, 2017

      Bonsoir chère admiratrice , merci pour le chaleureux souhait que tu m’as adressé. Je me permets de te poser une question: lorsque tu dis « sans savoir si nous en sommes capables seules » pourquoi utilises tu le mot capable? Tu n’es bien sûr pas obligée de me répondre. Je te renouvelle mes remerciements. À bientôt

      • Une admiratrice
        avril 19, 2017

        Re bonjour annie
        Je repond a ta petite question du sans savoir si nous en sommes capables car avec la pression sur le dos des fois nous avons l impression de devenir des sous merde car rien est jamais assez bien pour n importe quel pdg
        En te remerciant de m avoir repondu

  • Brigitte
    avril 19, 2017

    Bonjour
    Je comprend tout a fait car trop de boulot et trop de pression pour un salaire de misere et pas de reconnaissance et sa tue la sante et le moral mais votre histoire est tres belle et bcp de courage vous etes une battante jespere que vous trouverez mieux et surtout un boulot moins stressant bonne continuation a vous

  • Jcmac
    avril 20, 2017

    Bonjour Anni,
    Très beau témoignage. J’ai vécu la même histoire accompagnée en même temps d’une rupture matrimoniale. Côté boulot, ça va mieux. Côté cœur, tout est arrangé mais j’ai toujours cette peur en moi. Toute cette souffrance qui est en moi et qui a du mal s’évacuer. Je me sens triste par moments rattrapés par des pensées négatives. J’ai tout pour être heureux mais cette peur et ces doutes sont encore là.
    Je suis tout content pour Toi que tout ailles bien.
    Au revoir et au plaisir de lire à nouveau

  • anonyme
    mai 15, 2017

    bonjour,
    il y a deux ans, notre service a perdu sa cadre d’une humanité, d’une gentillesse et d’une écoute extrême. Avant de perdre notre « boussole », nous venions travailler le cœur léger et nous tardions à partir du service car nous aimions ce que nous faisions. Mais les choses se sont dégradées lorsqu’une nouvelle responsable est venue prendre les commandes de ce bateau qui, jusqu’à présent, naviguait sur les eaux sans houles ni tempêtes.
    D’abord sympathique (enfin pour certaine personne, car moi , je ne l’ai pas du tout ressenti comme étant une belle personne) , elle s’est avérée d’un égoïsme, d’une méchanceté , et d’une ingratitude sans précédant. Bien entendu, tout cela dans l’hypocrisie totale. Son attitude et sa façon de pousser les gens à bout étaient très sournois. Elle demandait tout d’abord des services en implorant le fait qu’elle ne s’en sortirait pas si nous les lui refusions. Comme nous étions (et nous sommes toujours) une équipe qui fait passer les intérêts du travail avant notre propre intérêt, nous acceptions sans rechigner (juste pour rendre service). La nouvelle responsable partait alors dans un « dégouli » de remerciements qui sonnaient faux. Au fur et à mesure des jours , nous remarquions notre épuisement (physique et psychologique) et notre démotivation s’accroître. Cette tortionnaire aux allures de personne ordinaire, nous poussait à bout. Elle nous exploitait, nous faisait travailler tous les week-ends, nous alignait des semaines de 6 jours non-stop, nous faisait travailler souvent les après-midi comme les nuits. Il était difficile de demander un repos. Si nous avions le malheur de refuser un horaire imposé ou de revenir sur notre seul jour de repos, elle nous le faisait bien comprendre et allait se plaindre à la direction (qui fermait les yeux sur ses agissements). Elle nous demandait même de ne pas prévoir des choses à faire lorsque nous étions de repos, car il se pourrait qu’elle ait besoin de nous. En fait, nous devions être disponibles 24h/24 de jours comme de nuits. Notre vie de famille s’est vue mis en danger. Notre santé s’est trouvée affaibli. Nous sommes passés d’une équipe soudée et motivée à une équipe déprimée et affaibli physiquement et psychologiquement. Tout cela de façon très sournoise. Nous nous y attendions pas. Moi, qui jamais de la vie ne me suis mise en arrêt de travail, je me suis vue obligée de m’y mettre par mon médecin traitant qui ne me reconnaissait plus. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus , je pleurais tous les jours et surtout, j’étais extrêmement épuisée. Je n’étais pas la seule d’ailleurs dans cet état. Toute l’équipe, à tour de rôle, s’est mise en arrêt pour les mêmes raisons. Jamais nous avions connu une telle destruction psychologique. Le pire est que cette tortionnaire (qui ne se remettait pas du tout en question) nous le faisait payer au retour de notre arrêt. Elle ne nous adressait la parole que lorsqu’elle avait des choses à nous demander ou bien, elle nous les imposait sans tenir compte de notre avis. En plus, d’être de mauvaise foi et profondément mauvaise et méchante, elle était menteuse. Nous avions de la chance d’être une équipe qui se disait tout et nous nous concertions pour contrer tous ses mensonges et sa mauvaise foi. Combien de fois, sommes nous allés frapper à la porte de la direction ? mais nous avions toujours la même réponse : « elle est notre responsable et personne ne pouvait se mettre au travers de sa façon de diriger son équipe » . Même les autres responsables avaient les pieds et les mains liés lorsqu’ils voulaient nous venir en aide. Nous nous sommes même demandés si cette tortionnaire n’avait pas le bras long et c’est la raison pour laquelle personne ne disait rien. Cette nouvelle responsable a eu les mêmes résultats dans ses précédents services (dépression des agents, arrêts de travail , démotivation, humiliation, menaces etc…) et elle n’a jamais été inquiétée. Ce démon pouvait être des plus agréable lorsque vous acceptiez de faire selon ses directives mais dès que vous aviez le malheur de refuser , vous étiez sa cible. Avant son arrivée, nous travaillions dans une bonne entente avec une responsable au grand coeur. Nous sommes passés du paradis à l’enfer. C’est exactement ça. D’un extrême à l’autre ! .
    La seule chose qui nous a sauvé et nous a évité d’entrer dans une dépression longue et peut-être irréversible, c’est la cohésion de notre équipe. Celle que nous avons bâti depuis des années . Nous n’avions plus rien à perdre alors nous nous sommes rebellés en disant, à cette tortionnaire , ses quatre vérités . Nous ne l’avons pas dit en équipe mais individuellement afin qu’elle ait plusieurs fois l’écho de son manque d’humanisme, de dialogue, de générosité, d’écoute etc. Elle a entendu plusieurs fois qu’elle était incompétente et sans coeur et qu’elle ne méritait pas de s’asseoir et de salir le fauteuil qu’occupait un réel Ange . Cette responsable est toujours dans notre service mais nous nous comportons comme ci elle n’ était pas là. Nous lui disons bonjour par politesse mais nous refusons tout ce qu’elle nous demande (dans la mesure ou nous sommes dans l’incapacité de répondre à sa demande dans le cas contraire nous acceptons). Nous nous comportons comme avant son arrivée. Nous faisons en sorte que notre travail soit bien fait et uniquement notre travail et non pour faire plaisir à notre nouvelle responsable. Les choses se sont un peu améliorées mais la rupture est définitive. Au fond de nous, elle a brisé cette motivation et cette considération que nous avions pour notre profession et nous même. Toute l’équipe veut tourner la page, mais dans un autre service… chacun oeuvre pour partir. Et nous souhaitons bon courage à ceux et celles qui croiseront la route de cette cadre irresponsable et égoïste.

  • Anni
    mai 16, 2017

    Bonjour
    C’est un témoignage tellement sincère et j’ai été crispée du fait que cette responsable n’ait pas été sanctionner. Je comprends tout à fait que toute l’équipe se donne le choix de partir dans un autre service plutôt que de subir les aléas d’humeur d’une perverse narcissique!
    Elle a abusé de son pouvoir afin de nourrir son ego démesuré, en fait j’ai l’impression qu’elle faisait plutôt des démonstrations d’autorité et je me demande pourquoi…..
    Je suis certaine que tu aimes toujours ton travail car j’ai le sentiment que tu aimes venir en aide aux autres et que cette responsable forme juste un voile noire dans ta sphère professionnelle mais ce n’est qu’un voile de fumée superficiel.
    Tout passe dans la vie et il n y a que les répercussions de nos actes qui continuent à germer et dans le cas de cette responsable, ce qui germe pour elle c’est ce que la roue de la vie va lui destiner…..
    J’ai vécu ce genre de situation et c’est pas facile, qu’est ce qui a fait que tu es restée fidèle à ton travail ?

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Loading...