L’histoire de mon Burn-Out

l'histoire de mon burn-out. Niko du blog sur le thème du burn out, du stress et de l'anxiété

Comme pour la plupart d’entre vous je suppose, je ne l’ai pas vu arriver. Pris dans le quotidien : métro, boulot, dodo… et à force de vouloir trop bien faire et trop en faire j’ai fini par craquer ! Je n’ai même pas su détecter les signes avant coureurs : fatigue, énervement, sensation de malaise…Jusqu’au jour où…tout a réellement commencé, c’était en juin 2013.

 

Après le déjeuner en repartant au travail, j’ai été pris d’une violente crise de panique au volant de ma voiture qui m’a obligé à m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence de la voie rapide. Tout d’abord,  j’ai cru à une crise cardiaque. Il m’était impossible de respirer, mon cœur s’emballait, j’avais des bouffées de chaleur et le sentiment que je partais…

 

J’exerce le métier de directeur commercial au sein d’une société immobilière. Ce qui peut paraître troublant dans mon histoire, c’est que j’aime mon travail et que je bénéficie d’une entière confiance de mon boss, les 2 collaborateurs que je manage sont très professionnels donc à priori, rien ne pouvait laisser présager que je sombre petit à petit…

 

En période de crise,  la société vie une période compliquée. Mon boss, centré sur d’autres dossiers m’a tout délégué : social, fiscal, économique. Du jour au lendemain, la situation se dégrade  et je dois faire face aux retards des salaires, aux retards de paiement des fournisseurs, aux déclarations TVA, URSSAF…. et j’en passe.  Des centaines de mails, de coups de téléphone avec pour seul objectif : être payé, être payé, être payé !!! Mon téléphone ne sonnait plus que pour ça et en gros je ne gérais plus que des problèmes, des relances et encore des problèmes ! Au début je pensais y arriver mais petit à petit j’ai fini par sombrer comme vous pouvez vous en douter !

 

Puis arrive le mois de septembre, juste après 2 semaines de vacances (où le téléphone lui n’a pas pris le temps de se reposer) je reprends le travail et je suis motivé ! Normal c’est la rentrée! Motivation qui ne durera que quelques jours car rebelote je refais une nouvelle crise de panique identique à la 1ère, puis une autre et encore une autre les jours qui suivent. Un rien me la déclenche : la voiture, un coup de téléphone, un bruit… Je n’arrive plus à prendre la voiture tellement j’ai peur, j’en arrive même à avoir peur d’avoir peur, avoir peur d’être angoissé !!!

 

Je ne me reconnais plus, je suis perdu, même chez moi mes enfants m’irritent alors qu’ils n’ont que 1 ans et 3 ans. Je mets des boules quies, je m’isole pour avoir du calme. Même ma femme reste impuissante face à ma détresse.

 

Je décide alors de me reprendre en main et de m’inscrire à des séances de sophrologie. Pourquoi pas ? On cherche tous des solutions pour aller mieux. Je commence à faire des recherches sur internet, à lire des blogs…sur tout et n’importe quoi car je ne sais pas ce qu’il m’arrive…Je veux comprendre, je veux que ça s’arrête !

 

Bon la sophrologie, cela ne m’a pas aidé, à part certains exercices de respiration très bénéfiques je n’ai pas réussi à me sentir plus serein, je crois que je faisais un blocage, je n’arrivais pas à me détendre et j’ai donc pris l’initiative d’arrêter. C’était peut-être trop tôt pour moi.

 

Alors je continue comme avant, j’alterne entre crises et prise d’homéopathie. J’en teste beaucoup à vrai dire, je pourrais presque ouvrir une pharmacie :). En décembre 2013, j’atteins le fond : crises récurrentes, sentiment de mal être permanent, crise de pleurs, refus de me lever du lit… je suis mal, j’ai perdu confiance en moi, je n’ai plus envie de rien.

 

Ayant une femme, des enfants, une famille qui eux ne se sont pas arrêtés de vivre et qui sont dépourvus de toute face à moi, mon état, je prends mon courage à deux mains et je vais voir mon médecin traitant, ce que j’aurais du faire bien plus tôt !

 

Il m’ausculte, m’écoute, note ma fatigue, ma perte de poids et me parle de burn-out. Enfin un diagnostic. Il m’explique ce que c’est, décrit mes symptômes, me rassure et me prescrit un traitement, un arrêt aussi…. Je repars donc soulagé avec mon ordonnance de seroplex 10mg et de vératran pour les angoisses. J’ai donc été arrêté plusieurs mois, pendant lesquels j’ai passé beaucoup de temps à dormir, à me reposer, à marcher et à lire sur internet des articles sur le burn-out. Je savais enfin quoi chercher… Puis, jour après jour, je me sentais un peu mieux, j’ai donc repris le travail en prenant forcément du recul par rapport à tout ça, et la 1ère chose que je me suis imposée c’est de couper mon téléphone dès que j’arrivais chez moi le soir.

 

Mon entourage m’a beaucoup aidé, surtout ma femme. J’ai pris conscience que c’est aussi dur pour eux qui sont démunis, qui veulent vous aider mais qui n’y arrivent pas, qui veulent vous bousculer mais vous n’en avez pas envie, qui veulent vous rassurer mais ils n’ont pas les bons mots…C’est tellement difficile d’en parler, de verbaliser ce mal être général, cet état de crise que vous n’arrivez pas à contrôler… Vous vous détestez, vous vous cachez de vos enfants car vous avez pleuré…

 

Mais j’insiste, ne restez pas seul. Il est primordial dans votre guérison de parler, de partager, il vous faut une béquille, un soutien pour pleurer, pour vous écouter, pour vous réchauffer…

 

Aujourd’hui, je vais bien, ma vie est redevenue tout à fait banale, normale. Je suis toujours sous traitement, j’ai repris mes 10 kg, + 10kg aussi alors je me dis que c’est les cachets :). Je compte diminuer bientôt les doses du séroplex et passer à 5mg pour arrêter complètement par la suite. Parfois j’oublie de les prendre et je me dis que c’est bon signe.

 

Le burn-out est une épreuve difficile, mais je me souviendrai toujours de la phrase de mon médecin quand je l’ai vu pour la 1ère fois : « Ne t’inquiète pas Hugo, tu n’es pas le seul dans ce cas, tu vas guérir car on en guérit tous, il faudra juste que tu sois patient ».

6 Comments
  • Vanina
    novembre 27, 2016

    Bonjour, Je me reconnais dans votre histoire, c’est terrible quand ça vous arrive, on n’y croit pas… Je suis arrêtée depuis 4 jours pour un burn out et malgré un mini soulagement, je suis épuisée et n’arrête pas de gamberger… J’arrive même à me persuader que ce n’est pas à cause de ça que je suis malade et à scruter mes analyses de sang jusqu’à refaire une crise d’angoisse… Je pense que cela va être très long et difficile pour moi de m’en sortir mais votre témoignage positif est une béquille. Merci pour ces infos, ça aide à relativiser.

    • Niko
      novembre 28, 2016

      Oui cela risque d’être long mais il faut l’accepter et prendre le temps de remonter la pente. Je me suis fait accompagné par qqun qui n’était pas psy mais qui à travers plusieurs techniques me permettait d’être plus serein. Vous en sortirez grandie ne vous inquiétez pas !
      Bon courage à vous

  • Jérôme
    août 25, 2017

    Bonjour,

    Cette article pourra surement paraitre exagéré pour certaine personne, ou d’autre ne comprendront pas du tout.
    Il m’est arrivé la même chose, pratiquement la même chronologie, de la 1ere crise en voiture à laquelle je croyais faire une crise cardiaque, puis quelque jours d’arrêt, et ensuite reprise, pour une explosion complète pour rester bloquer d’en un état anxiogène quasi permanent pendant 1 mois, puis une décompensation du corps, pour tomber dans un état de fatigue énorme pendant 5 mois..
    Il m’aura fallu en tout 2 ans et demi pour vraiment retrouver mon énergie initiale, mais il reste des séquelles d’ordres psychologique.
    On ressort complètement transformer de cette expérience.

    Donc je finirais par une citation d’Henri Salvador 😀 :
    « Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver, les prisonniers ne font pas de vieux os »

    • Niko
      août 28, 2017

      Bonjour Jérôme,
      Merci pour ton message. On sort tous changé d’une expérience pareille ! Parfois je me dis finalement ce fût une bonne chose de faire ce burn-out car je vois les choses différemment, j’apprécie davantage les petits moments de la vie, je vis plus et plus fort !!!
      Merci pour la citation 😉 et bonne continuation à toi
      niko

  • Rub
    septembre 12, 2017

    Bonjour Niko, super ton blog, c’est idiot mais ça fait un bien fou de voir que d’autres ont vécu les mêmes choses que nous et s’en sont sortis. Pour ma part j’ai comme toi mis pas mal de temps (6 mois) à consulter et à finalement mettre un nom sur tous ces maux, le BURN OUT.
    Je suis sous Serpolex depuis 3 semaines, je sens petit à petit les effets et j’ai surtout réussi à quitter mon état de tristesse permanent. Néanmoins j’ai toujours une sensation d’être dans le brouillard, comme une « fracture du cerveau », beaucoup de difficultés à sortir et à conduire. J’ai hâte de passer ce cap mais je sais aujourd’hui que l’acceptation et la patience sont les meilleurs alliés au traitement médicamenteux.
    Courage à ceux qui sont au fond du trou, même si je ne vois pas encore la lumière au bout du tunnel je pense sincèrement qu’on va tous s’en sortir!

    • Niko
      septembre 13, 2017

      Salut Rub,
      Merci pour ton message, oui ça fait du bien de voir que nous ne sommes pas seul à se battre contre ce fléau. Je pense même que nous sommes très nombreux mais que peux de gens veulent l’admettre, c’est difficile ! Pourtant il faut parfois savoir prendre du recul et faire un point sur soi quand les 1ers signes apparaissent avant qu’il ne soit trop tard.
      Sinon je t’ai répondu sur ta messagerie perso 🙂
      A+
      niko

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