Une erreur dans mon travail et tout à basculé…

Le témoignage d’un burn-out : Amandine à une la gentillesse de bien vouloir nous raconter son histoire. Ce ne sont pas des situations faciles à dire ou plutôt à écrire, alors un grand merci à elle de s’être confiée à nous !

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

 

Je m’appelle Amandine, j’ai 25 ans, je suis diplômée depuis janvier 2017 d’un master 2 en Ressources Humaines. Je suis actuellement Gestionnaires des Ressources Humaines au sein d’une PME spécialisée dans la recherche et l’élaboration de procédés chimiques et pétrochimiques.

J’ai fait ma première crise de panique en 2015 suite à une rupture amoureuse compliquée. Je n’en avais plus refaite jusqu’en février 2017 suite à un burn-out professionnel où j’ai été sujette à plusieurs crises de paniques qui m’ont fait entrer dans un trouble panique.

 

Connaissez-vous la cause et/ou l’origine de votre mal être ?

 

La première crise de panique s’est déclenchée après une rupture amoureuse pour laquelle je ne me suis pas fait suivre au départ pensant pouvoir gérer celle ci comme les autres. Jusqu’au moment où mon corps s’est exprimé de manière violente et irrationnelle.

Suite à cette crise où j’ai eu l’impression de devenir folle, mon médecin a détecté une dépression et m’a donc mit sous anti-depresseur durant 6 mois. J’ai suivi mon traitement à la lettre et j’ai réussi grâce à ça mon master 1.

Cependant sans le savoir, les médicaments ont été un pansement mais les blessures elles, étaient toujours la. Mais je n’en était pas consciente.
Me sentant bien et plus forte qu’avant j’ai décidé de poursuivre mes études et j’ai choisi de faire mon alternance au sein d’une entreprise en plan social pensant que le contexte ne m’atteindrait pas plus que ça, surtout qu’à ce moment la je n’étais plus sous médicaments et je me sentais en parfaite santé physique et mentale.
Puis… une erreur dans mon travail et tout à basculé…

L’origine de mon mal être vient du fait que je suis très exigeante avec moi même, que je ne supporte pas l’erreur et que ce qui peut paraître futile aux yeux des autres, m’atteint personnellement. En résumé, mes périodes de panique ont toutes deux découlé d’un gros manque de confiance en moi.

 

Pouvez-vous nous décrire les symptômes que vous avez eu avant de tomber en burn-out ?

 

Cette erreur sur laquelle je n’ai pas su passer, en a entraîné d’autres et j’étais rentrée dans un cercle vicieux;

plus je faisais des erreurs, plus je me devalorisais, et plus je me devalorisais, plus je faisais des erreurs.

J’ai commencé à me renfermer, à adopter un comportement hermétique face à mes collègues et responsables, j’étais devenue adepte de l’auto dérision, sans savoir qu’inconsciemment je me rabaissais. Je ne ressentais plus rien, j’étais vidée de toute émotion. Je préférais ne pas écouter car je savais que si je le faisais je n’en dormirai pas la nuit, que je me mettrai à pleurer pendant des heures etc. Il est évident que je n’étais pas consciente de mon comportement, moi j’étais plutôt contente de passer au dessus et de ne plus être au plus mal à cause du travail…

Je voyais mes collègues de plus en plus agacés par la situation, chaque conseil d’amélioration que l’on pouvait me faire était reçu comme un reproche… Ils ne comprenaient plus mes erreurs. Le comportement que malgré moi j’ai adopté laissait apparaître une image négative, je le savais et cela me peinait car malgré mes erreurs je me suis toujours énormément investie… Plus le temps passait, plus je me faisais une raison : je n’étais pas faite pour les longues études et pour les postes à responsabilité. Je me pensais faible et nulle. Et j’ai fini par le croire.

Également, ma vie personnelle en pâtissait sans que je m’en rende compte car je gardais tout ça pour moi. J’étais devenue agressive, complètement étanche également aux conseils de mes proches, plus personne ne pouvait me parler sans que je vois le côté négatif de la discussion. J’ai fait vivre à mon conjoint des moments très dur car j’étais devenue froide et intolérante à l’erreur. Ce que je me reprochais professionnellement, je lui faisais payer.

Tout oubli ou erreur de sa part étaient sources de conflits.

Chaque jour était un calvaire (trouble du sommeil et de l’appétit, changements de comportement, irritabilité, hypersensibilité etc), je survivais plutôt que de vivre. Mes proches m’alertaient mais volontairement je ne les écoutais pas.

Après un an de spirale infernale, lors de l’échange avec ma tutrice d’école, mon responsable m’a demandé de m’auto-évaluée. Et la… Impossible de me trouver des qualités, impossible de parler… Et je me suis mise à pleurer… Sans m’arrêter, tout sortait… Et c’est la que le mot burn-out est apparu… J’ai mis un bon moment à me l’avouer, presque 2 mois car faire un burn-out à 25 ans ? Impossible ! Et puis une gestionnaire des Ressources Humaines en burn-out ? Le comble ! Mon métier est de le déceler pas de le vivre…

Mais je n’ai pas souhaité me faire suivre tout de suite car selon moi, une fois mon contrat terminé je pensais que tout allait redevenir normal car j’allais certainement pouvoir me reposer physiquement et moralement le temps que je trouve un CDI…

Et non, cela aurai été trop simple… Une nouvelle forme de stress est apparu, la panique.

 

Quand avez-vous pris conscience que vous deviez consulter quelqu’un ?

 

J’ai été diplômée en janvier 2017, à ce moment la j’étais au chômage et mon rythme était calme. Malgré un environnement serein, j’ai fait une attaque de panique très violente, d’autant plus violente par le fait que je n’étais pas seule mais avec mon conjoint et que devais lui expliquer ce qu’il m’arrivait; moi même je ne savais pas…

Je suis alors entré dans un trouble panique. Impossible pour moi de faire la moindre chose sans ressentir les symptômes d’une attaque de panique, d’essayer de la contrôler et donc d’en faire une. J’ai commencé à réduire mes sorties, à beaucoup dormir, à me renfermer, à avoir peur de me faire peur ou de faire du mal à autrui…

Pour moi cette instabilité émotionnelle faisais que  j’étais devenue schizophrène… Pire encore, que j’étais devenue folle.

Après 1 mois de torture mentale, et d’échanges avec mon conjoint, j’ai compris qu’il fallait que je me fasse aider, car si mon corps arrivait à se mettre dans cet état dans un contexte aussi calme, qu’est ce que ça allait être avec une vie professionnelle… Je venais de prendre conscience que le repos ne me suffisait pas… Mais pas de médicament cette fois ! Hors de question ! Je ne saurai expliquer pourquoi alors que la première cela à porté ses fruits… Je sentais qu’il fallait que je me tourne autre part.

Je ne savais pas comment je pouvais traiter ça mais je savais ce que je ne voulais pas. Après une discussion avec ma maman, adepte depuis longtemps de reiki, réflexologie plantaire, et autres formes de médecines naturelles j’ai décidé de tenter l’expérience en complètement d’une vraie thérapie. J’ai alors connu une des thérapies brèves qu’est la Thérapie Comportementale et cognitive. Quel soulagement de savoir que ce que j’avais se traitait et surtout que je n’étais pas la seule…

 

Quelles techniques avez-vous employé pour vous guérir ?

 

Une fois que j’ai pris conscience de mon état, je me suis donnée toutes les chances de guérir. J’ai alors entrepris :

  • Une thérapie brève : la TCC
  • 3 séances de réflexologie plantaire
  • 3 séances de Reiki
  • 30 min par jour de méditation

La thérapie brève m’a permise de me confronter à mes propres peurs. La psychologue que j’ai rencontré ne souhaitait pas me rassurer, elle ne m’a jamais dit que je n’étais pas schizophrène ou folle. Elle était très vague à ce sujet et c’était dans le but précis de ne pas être un « moyen de réassurance », pensées que tout le monde a pour lutter contre l’attaque de panique. Exemple de ce genre de pensée lors d’une crise : « Mais non je ne suis pas schizophrène, la psy l’a dit elle même et elle sait de quoi elle parle. »

C’est alors que l’on à mener un travail en binôme. Elle m’a d’abord fait me confronter à un scénario catastrophe en lien avec ma peur irrationnelle d’être folle. Je me confrontais donc les yeux fermés à un éventuel scénario qui reprenait exactement les symptômes que je ressentais chez moi. A force de le faire, on enclenchait le processus de désensibilisation. A force de me confronter, mon angoisse diminuait. Sur une échelle de peur de 1 à10, j’étais au départ à 10 avec crise de larme, panique et angoisse. Et au bout de 6 séances j’étais passée à 3. Et le plus impressionnant c’est que lorsque chez moi je ressentais ces symptômes, la aussi je n’étais plus qu’à 3/4. Je laissais les symptômes s’installer sans lutter et cela passait relativement vite.

Cette thérapie s’est donc achevée après 10 séances, et à la dixième séance nous avons à deux lu les symptômes de la schizophrénie et la… libération, j’arrivais ENFIN à être rationnelle et à savoir que je ne l’étais pas et que je ne l’ai jamais été.

Cette thérapie m’a permise d’apprendre beaucoup de chose sur les attaques de panique, sur le trouble panique, et sur les phobies d’impulsion, et surtout que tout cela se traitait ! En complément, je suis allée voir une réflexologue plantaire qui grâce à des points bien spécifique sur mes pieds est arrivée à stabiliser mes émotions. J’ai senti la différence au bout de la seconde séance. J’étais comme apaisé au plus profond de moi. Je n’avais plus le même regard sur ma vie, tout ce qui avant me paraissait insurmontable, je le tentais. Et peu importe si j’échouais… la prochaine fois je réussirai.

En parallèle de la réflexologie, la praticienne me faisait 15min de Reiki à chaque séance afin de synchroniser mes chakras. La aussi quel soulagement de ne plus avoir l impression d’être envelopper d’une bulle de stress… Je pensais beaucoup moins.

J’arrêtais enfin de me torturer l’esprit tous les jours…Et enfin après ma TCC et mes séances de réflexologie et Reiki, j’ai commencé la méditation guidée tous les jours pendant 10 min chez moi. Maintenant j’en suis à 30 min tous les deux jours. La méditation permets de se focaliser sur soi, de se connecter au moment présent. Cela m’a beaucoup aidé à ne plus ruminer le soirs pendant des heures. J’ai appris à me concentrer sur mon corps, à l’écouter et à l’apaiser…Grâce à ces diverses méthodes et en les faisant simultanément, je me suis donnée toutes les chances de m’apaiser.

La TCC est une approche bien plus cartésienne et cela à permis d’apaiser et de rassurer la partie rationnelle de mon cerveau. La médecine naturelle à permis quant à elle d’apaiser la partie émotionnelle. Grâce à cela l’une des deux parties n’empiète pas sur l’autre, et ça fait du bien d’être en parfaite harmonie avec son corps et son mental.

 

Si vous deviez donner un conseil à quelqu’un dans votre cas lequel serait-il ?

 

Ecoutez vous! Écoutez votre corps! Le travail reste au travail, votre vie personnelle n’a pas à être entachée. L’épuisement professionnel est le mal du siècle, lorsque l’on s’en rend compte, il est déjà trop tard. Les dégâts sont fait. Alors écoutez vous. Vous vous connaissez mieux que personne, alors dès que vous commencez à entreprendre un chemin qui ne vous convient pas, à adopter un comportement qui ne vous ressemble pas ou que vous vous retrouvez dans une situation impossible à gérer alors que vous l’avez déjà fait des centaines de fois, posez vous la question : Que se passe t’il ? Que puis je faire pour aller mieux ?

Il suffit lorsque le burn-out n’est pas encore installé, de lever le pied. Prenez quelques jours pour vous reposer. Faites des recherches sur les méthodes rapides, efficaces et à faire soit même qu’il existe contre le stress et la fatigue.

Et si toute fois vous vous retrouvez en épuisement professionnel, rien n’est perdu. Encore une fois écoutez vous. De quoi avez vous besoin ? De parler ? De pleurer ? De vous reposer ? Oui certainement, mais vous avez surtout besoin de vous recentrer sur vous même. N’ayez pas peur de vous faire aider, il n’y à pas de honte et surtout qu’il existe aujourd’hui des méthodes rapides et efficaces.

 

Et maintenant vous en êtes ou ? continuez vous à consulter quelqu’un, avez-vous changé ?

J’ai retrouvé un travail stable et qui me plaît. Je l’ai appréhendé de manière sereine sans préjugé et sans angoisse. Avant de commencer j’ai fait une séance de thérapie comportementale et cognitive, ainsi qu’une autre la première semaine afin de libérer quelques doutes. Depuis, j’ai arrêté ma TCC  depuis 3 mois à peu près car je n’en reçois plus le besoin. Mais je continue la méditation car chaque journée peut contenir du stress et j’ai besoin de l’évacuer.

Lorsque j’en ressens le besoin je retourne faire  un soin Reiki. Cela m’aide à stabiliser mes émotions.
J’entreprends même en septembre prochain de passer mon premier niveau de Reiki…

 

Merci Amandine pour ton partage, n’hésitez pas à lui laisser un message et à partager l’article

 

1 Comment
  • Anni
    août 19, 2017

    Amandine ton témoignage est puissant est instructif, tu es forte mentalement. J’ai vécu certains épisodes similaires à ton burnt out……sensation de perdre la raison, panique etc. Tu as su te prendre en main et accepter de te faire aider. Je suis fascinée par ton courage BRAVO!
    Anni

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